Sherman

Publié le par Christophe Henry

Description d'un nouveau véhicule pour FOW, le M4 Sherman, bon char moyen, avec un AT10 et un Fire Power de 3+.




Caractéristique :

Equipage : 5 hommes
Longueur : 6,06m
Largeur : 2,62m
Hauteur : 2,74m
Poids : 31,6 tonnes
Blindage :
coque:50 mm avant, 38 mm arrière, 38 mm flancs.
Armement principal : canon de 75mm
Armement secondaire : 2 mitrailleuses de 7,62mm
Moteur : 5 moteurs à essence de 6 cylindres
Vitesse sur route : 40km/h
Autonomie : 160 km


Le Medium Tank M4 est le char américain moyen le plus produit, pendant la Seconde Guerre mondiale : près de cinquante mille exemplaires sont fabriqués dans différentes versions. Son surnom de Sherman, lui fut donné par les Britanniques, quand ils reçurent leurs premiers exemplaires, dans le cadre de la loi de prêts-bails. L'US Army adopta par la suite ce surnom et le Medium Tank M4 est dès lors appelé M4 Sherman.

Le char M4 à pour prédécesseur, le M3 Lee, dont il reprend en grande partie le châssis. La mise en route du char commence, juste après la décision de mettre en production le M3. En mars 1941, une tourelle pouvant embarquer un canon de 75mm est fabriquée et en septembre le prototype T6 est achevé et envoyé au centre d'essais d'Aberdeen.

Le programme de fabrication englobe onze usines, réparties sur tout le territoire des État-Unis. Cependant, la partie motorisation prévu, un V8 Ford de 500 CV, n’en est encore qu’à la fin des essais quand la production des premiers chars s’achève. Pour y remédier, l’armée américaine utilise ce qui existe déjà. Comme pour le M3, plusieurs choix de propulsion et des techniques de production sont mis au point. Cette politique permet de diversifier au maximum, les sources d'approvisionnement en particulier des moteurs et d'utiliser les capacités des usines sans bouleverser leurs techniques de travail. Cette capacité de faire, et le fait que le M4 a beaucoup de similitude le M3, permet un démarrage très rapide de la production, la cadence mensuelle de sortie atteignant mille exemplaires dès la mi 1942.

Cinq versions du char sont donc produites et évoluent en parallèle.

  • La première version est le M4A1, qui se caractérise par une caisse réalisée avec des éléments coulés, dont les arêtes sont moins anguleuses. Il est motorisé par un moteur d’avion en étoile à refroidissement par air, déjà utilisé par le M3. Les premiers modèles sortent en février 1942.
  • Ils sont suivis en avril 1942 par les premiers M4A2 qui, possèdent une caisse soudée, et bénéficient d'un moteur diesel General Motors.
  • Entre temps en juin, Ford a lancé la production du M4A3, lui aussi assemblé par soudure mais motorisé par son moteur à essence refroidi par liquide.
  • En juillet apparaît le M4A4 produit par le Detroit Tank Arsenal, propulsé par un moteur un peu particulier expérimenté sur certains M3, constitué de cinq moteurs à six cylindres en ligne automobile. La taille de ce moteur a nécessité l'agrandissement du compartiment moteur et les Américains, peu confiant dans sa fiabilité, le destinent uniquement à l'envoi aux termes du prêts-bails.

Les premiers exemplaires de M4 comportent deux caractéristiques, qui disparaissent assez rapidement : deux mitrailleuses M1919A4 fixes de caisse, actionnées par le conducteur, qui sont supprimées dès le 6 mars 1942, ainsi qu’une porte latérale sur le flanc de la caisse, qui servait d’accès rapide pour l'équipage.

Les premiers exemplaires sont armés par canon M2 de 75 mm, plus court que celui du M3, et qui nécessite le montage de contrepoids au niveau de sa bouche pour rester compatible avec la stabilisation par gyroscope de l'armement. L'affût de canon initial, le M34 est bientôt supplanté par le M34A1 qui, plus large, embarque en plus du périscope de visée de son prédécesseur une lunette directe.

À partir de l'été 1942, une nouvelle suspension dite Heavy-duty est montée sur les M4 de toutes versions. Les roues de route à rayons, montés sur les premiers M4A2, disparaissent assez vite au profit de roues pleines.

Les premiers combats du Sherman révèlent qu'il a tendance à s'enflammer assez facilement après avoir été atteint par un obus antichar. Après une étude, on attribue ce défaut aux compartiments latéraux de munitions et on ajouta une plaque soudée de blindage. Par la suite, la protection de la caisse est entièrement repensée. Les compartiments de stockage de munitions adoptent la technologie du stockage humide, dans laquelle les dix casiers de dix obus étaient plongés dans un bac de 140 litres d'eau, additionnée de méthanol comme antigel et d'un produit anti corrodant. De plus, la partie avant de la caisse fut entièrement redessinée, l'inclinaison de la plaque de blindage passant de 56° à 47° et son épaisseur de 51 à 64 mm. À cette occasion, les fentes de vision directe du pilote cédèrent la place à de nouveaux épiscopes. Ce nouveau char, désigné M4A3(75)W ou M4A3W, mieux protégé servit de base aux développements ultérieurs du Sherman.

Les efforts suivants vont porter sur la puissance de feu du canon du M4, qui montre ses limites face aux chars allemands comme les Panthers, ou les Tigres. Le premier essai est britannique, avec le remplacement du canon d’origine par leur canon de 17 livres dans une tourelle standard de Sherman. Connus sous la dénomination "Firefly" (libellule), il est particulièrement réussi, et se révèle excellent pour contrer contre les chars de la Wehrmacht, au cours des opérations en Afrique et en France, si bien que même les unités américaines l'adoptent, 80 exemplaires de M4A3 étant ainsi transformés.

Cependant, l'industrie aux États-Unis adopte une autre solution pour sa production, en montant une nouvelle tourelle embarquant un canon de calibre 76,2. Ce dernier, le M1, est de fabrication nationale et non britannique. Les premiers chars M4A1(76)W, armés du nouveau canon apparaissent peu après le débarquement de Normandie, ils sont rapidement suivis par des M4A3(76)W.

Dans le même temps apparaît une version d'appui feu armée d'un obusier de 105 mm, le M10. Bien que fabriqué avec des caisses récentes, avec un glacis incliné à 47°, il est dépourvu pour des raisons de masse du système de stockage humide.

L'aboutissement de la série est la version M4A3E8, équipée de la nouvelle suspension HVVS (horizontal volute spring suspension) où les ressorts agissent dorénavant à l'horizontale. Bien que cette suspension ne lui apporte pas un gain de vitesse sur route, en étant combinée avec de nouvelles chenilles plus larges, le sherman se révèle plus à l'aise en tout terrain, gagnant le surnom de Easy Eightla Bataille des Ardennes et au delà. (le huit facile). Il sera très utilisée à partir de

Le Sherman fut engagé pour la première fois au combat au cours de la bataille d'El-Alamein, en octobre 1942. La 8e armée, lors de sa contre-offensive en possédait 285, principalement des M4A1. Il va démontrer d'excellentes qualités au combat. Il possède en particulier une très bonne fiabilité mécanique qui lui permet des taux de disponibilités importants. Son armement, avec un canon de 75 mm en tourelle, est une révolution pour les équipages britanniques, car il permet de tirer avec sans exposer la caisse du char, comme c'était le cas avec le M3 Lee. Par rapport au char britannique contemporain, armés de canon de 40 mm, ce canon a une puissance suffisante, lors de tir antipersonnel, en particulier contre les servants des canons antichars et se révèle efficace contre des chars comme les Panzer III et Panzer IV. Il a donc une influence déterminante dans la défaite infligée à l' Afrika-Korps

Cependant, il souffre aussi de graves défauts, qui vont apparaître, progressivement au cours de l'avancée des alliés. Le premier est sa tendance à prendre feu facilement suite à un impact, ce qui vaudra les sobriquets de Ronson par les britanniques et Tommy Cooker par les allemands. Sa hauteur avec ses 2,74 mètres, se révèle aussi un inconvénient sur le champ de bataille, en particulier dans le désert. Des plaques supplémentaires, le stockage humide et le nouveau glacis, vont améliorer les choses, mais la hauteur et les flancs verticaux, en feront toujours un char bien plus vulnérable que le char soviétique T-34, de masse équivalente. L'emploi de l'essence comme carburant participe surement aussi à la grande vulnérabilité du char, mais il est à noter qu'elle permet d'utiliser des moteurs plus compacts et donc moins lourds et qu'il est aussi plus adapté à l'industrie pétrolière américaine.

Avec l'apparition des chars Tigre en Tunisie, la faible capacité de perforation du canon M3 se fait jour, les anglais trouveront la parade avec canon de 17 livres. Les Shermans ainsi transformés, les Firefly, ne sont utilisés qu'à raison d'un ou deux par peloton de cinq. Pendant que les autres chars occupent le ou les blindés allemands de front, les Firefly tentent de se glisser sur le flanc de ceux-ci, où leurs obus ont de bonne chance de pénétrer le blindage. Grâce à leur supériorité numérique et une bonne coordination due à l'emploi systématique de radio, cette tactique se révélera très efficace.

Une version amphibie fut produite en ajoutant une jupe au tank, ainsi que deux hélices ; cette modification est appelée DD (Duplex Drive). Les Sherman amphibies participèrent au débarquement en Normandie. Seule un Sherman sur dix réussit à atteindre les plages de la Normandie : étant trop hauts, ils se renversaient et coulaient à pic.


Production :

Sherman I (M4) 6 748 unités de juillet 1942 à janvier 1944

Sherman II (M4A1) 6 281 unités de février 1942 à décembre 1943

Sherman II A (M4A1 (76) W) 3 426 unités de janvier 1944 à juillet 1945

Sherman III (M4A2) 8 053 unités de avril 1943 à mai 1944

Sherman III A (M4A2 (76) W) 2 915 unités de mai 1944 à mai 1945

Sherman III AY (M4A2E8) 4 542 unités de mars 1944 à avril 1945

Sherman IV (M4A3) 1 690 unités de juin 1942 à septembre 1943

Sherman V (M4A4) 7 499 unités de juillet 1942 à septembre 1943

Sherman Jumbo 254 unités de juin 1944 à juillet 1944


Publié dans histoire-et-miniatures

Commenter cet article